La majorité d'entre nous, à un moment de la vie s'est senti si blessé, déçu ou offensé que l'ombre de cette figure amère et centrée à travers son esprit; un ombre quasimemt toujours tentatrice : la vengeance. Nos visions morales sont déviées et nous imaginons des formes et des situations permettant de transmettre la douleur qui nous fait souffrir à la personne qui en est responsable. La même chose se produit avec les actes délinquants, plus de la moitié de ceux-ci sont commis à cause de la rancoeur accumulée envers quelqu'un et par envie exprimée de mener une vengeance. Tout nous force à assumer le fait que la meilleure vengeance vengeance n'existe pas, car au-delà des résultats qu'elle permet d'atteindre, quelque chose de plus inquiétant se produit, quelque chose de plus révélateur : nous nous convertissons en agresseurs et nous acquérons la même qualité morale que ceux qui causent la blessure originale.

L'urgence absolue de réagir

Une fantastique force émotionnelle s'est cristallisée autour d'une expérience qui nous a bouleversés. Nous sommes touchés et la colère surgit. " Le point de départ de la vengeance est la flamme de la colère, le juste sentiment d'un affront intolérable. Elle naît de l'idée d'une urgence de réagir à une offense et surtout de ne pas laisser tomber ce sentiment de l'injure dans le compromis. " La colère alimente le désir de vengeance et parfois sa mise en oeuvre, parce qu'elle permet à la douleur éprouvée de se transformer en une émotion agréable.

Le pouvoir de renarcissiser

Au-delà du soulagement qu'elle peut procurer, la vengeance possède ce pouvoir de renarcissiser une personne qui a éprouvée le sentiment d'être humilié. Mais comment expliquer qu'un grand nombre de vengeances soient aussi suivies de sentiments de frustration, de tristesse, de regrets, d'incapacité de passer à autre chose ? Les chercheurs en psychologie comme Kevin Carlsmith, Timothy Wilson se sont penchés sur les conséquences émotionnelles de la vengeance chez ceux qui la mettent en pratique. Leurs conclusions : se venger risque de fixer la personne sur le souvenir de sa souffrance, d'enkyster le passé. L'idée de nous soulager grâce à la vengeance serait même d' " une naïveté confondante". Car, au fond, la vengeance est une irritabilité du moi. Nous grattons indéfiniment notre plaie et alimentons le sentiment d'humiliation. On peut être tellement déterminé à détruire l'autre, qu'on devient aveugle par la vengeance et on finit par se détruire. La vengeance fera de vous non pas un vainqueur, mais un victime.

De la culpabilité à l'affirmation de soi

Parfois, la meilleure réponse à une provocation n'est pas d'engager un combat. Le responsable de ta contrariété, c'est toujours toi -même, même si c'est l'autre qui t'a provoqué ou insulté. Plutôt que de l'entretenir, les psychanalystes nous suggèrent de nous appuyer sur la peine endurée sans chercher à punir. Une "vengeance positive" évoque Gérard Bonnet, qui consistait à transformer le pôle négatif de l'émotion ressentie en pôle positif. Dans cette vengeance, l 'affect devient une force destinée à construire quelque chose : nous passons de la culpabilité à la joie. Elle est tout l'opposé de la vengeance pulsionelle, du genre " Je veux que tu sentes ce que j'ai senti.

Bonne ou mauvaise idée ?

Nous pourrions justifier ici le fait que que la meilleure des vengeances est l'absence de vengeance, car c'est ce que nous dicte la morale et nous affirment les raisonnements religieux. En revanche, nous allons plutôt analyser cette recommandation d'un point de vue psychologique.

Personnalité des personnes vindicatives

Derrière une personne qui réagit de manière personnes rancunière à une quelconque offense, grande ou petite, se trouve une mauvaise gestion émotionnelle. Ce sont des personnes qui se croient disposer d'une vérité absolue et qui présentent un raisonnement dichotomique. Elles ont généralement une empathie très faible, ne pardonnent pas et n'oublient pas non plus, elles vivent suspendues à leur passé. Comme nous pouvons faire la constat, depuis ce cadre psychologique et émotionnel, la vengeance ou l'envie de celle-ci n'est bénéfique pour personne. Cette nécessité grignote l'intégrité et annule toute possibilité de bon jugement. En fait, elle limite complètement l'opportunité d'avancer en tant que personne pour construire une réalité plus opportune. Il se peut que nous soyons attirés par ce côté de bande dessiné. En revanche, derrière cela il n'y a rien de plus que souffrance. Pour cette raison, la meilleure des vengeances est l'absence de vengeance ou encore allons de l'avant et soyons heureux.